Actualité à la Hune

Pen Duick VI au chevet de la planète

Faux départ pour Marie Tabarly

La fille d’Eric Tabarly, Marie, accompagnée par son équipage de l’expédition Elemen’Terre Project, a été contrainte de faire demi-tour deux heures après son départ de la Cité de la voile à Lorient, mardi 3 juillet à bord de Pen Duick VI. La cause de ce faux départ ? Chargé à bloc du nécessaire pour cette expédition, l’ex ketch à coque noire de l’«idole des houles» était devenu trop lourd, donc pas manœuvrant. Un arrêt qui était «de toute façon prévu à Groix où à la Cité de la voile» selon Ekosea, la plateforme de financement qui a accompagné le projet de Marie Tabarly.
  • Publié le : 04/07/2018 - 17:54

Faux départ pour Marie TabarlyDans quelques minutes, le grand (faux) départ pour Marie Tabarly.Photo @ Valentin Belleville
Avant ce retour à quai prématuré, une centaine de badauds étaient venus encourager les marins et artistes engagés dans la première étape d’une circumnavigation de quatre ans. En passant par les trois caps, la jeune femme veut sensibiliser sur la fragilité de la planète et la nécessaire reconnexion de l’homme à la nature. Première escale prévue pour cette odyssée au chevet du globe : le Groenland, dans trois semaines. Au fil de l’aventure, Pen Duick VI accueillera des artistes, des sportifs, mais aussi des scientifiques. A chaque étape, l’expédition Elemen’Terre proposera un documentaire aux valeurs humanistes, écologiques, éducatives et optimistes.

Tout un symbole, le départ de l’odyssée se tient à la Cité de la Voile Eric Tabarly, port d’attache de la flotte des Pen Duick. L’accès au ponton est réservé aux proches, les fans restent donc sur le quai principal. Peu importe, le spectacle est aussi ici. Au sol, des musiciens et quelques danseurs font le show. Au-dessus des têtes, des funambules impressionnent par leur équilibre sur des câbles accrochés à la Cité de la voile. Des personnalités parmi lesquelles Jacques Perrin, Eugène Riguidel, Catherine Chabaud, ou encore Philippe Poupon sont là, au milieu de la foule.

Faux départ pour Marie Tabarly                                   Les amarres sont larguées, ou presque.                                                                         Photo @ Valentin Belleville
«Bravo Marie, allez bon vent !»

Pour fêter le départ, Loïc Henaff est également présent et sert son célèbre pâté au public, sans oublier une part spécialement préparée pour Marie Tabarly. Entourée de ses proches et d’inconnus venus voir la fille de la légende de la voile, elle enchaîne les accolades et les selfies sur le quai. S’élèvent des «bravo Marie, allez bon vent !». Pieds nus, elle ne rêve que du départ : «Je me sens fatiguée, j’ai hâte de partir. Le projet m’a pris beaucoup d’énergie, aujourd’hui c’est super je vois plein de potes, ça fait du bien.»

A quelques minutes du grand départ, l’équipage est détendu sur le pont du ketch de 22 mètres vainqueur de l’OSTAR en 1976. Un musicien joue quelques notes de clarinette, pendant que Simon Febure, le skipper, prépare la manœuvre de sortie du port. C’est l’heure des derniers mots. Marie Tabarly prononce une salve de remerciements devant ses proches, émus, dont sa maman, Jacqueline. «A ma mère, sans qui je ne serais pas là» lance d’abord l’enfant, ironique. D’avantage d’émotion, ensuite, s’adressant à son père : «Merci papa pour ton bateau, je vais en prendre soin», puis au bateau lui-même : «Et merci à Pen Duick de nous emmener. Je te l’avais promis il y a trois ans, mec. Et on y va, ça c’est top !»

Faux départ pour Marie TabarlyLa maman, Jacqueline Tabarly, était aussi venue pour saluer le départ de sa fille.Photo @ Valentin Belleville
Les derniers signes de la main, et la petite mésange à tête noire pointe son bec vers le large. Et puis la surprise. On les croyait toutes voiles dehors direction le Groenland, les aventuriers sont déjà de retour moins de deux heures après leur départ, sous les yeux ébahis des locaux attablés en terrasse : «qu’est-ce qu’il se passe ?».

 «Trop lourd explique, l’un des marins. Le bateau est trop chargé, on n’est pas manœuvrant ! On va le vider un peu et repartir demain, je pense». L’expédition connaît sa première galère, nul doute qu’elle en aura d’autres. Pas de quoi s’inquiéter pour Pen Duick VI ; le vieux compagnon d’Eric Tabarly en a vu d’autres, lui aussi.