Note :
Sous l"eau, le film gras se nettoie plus facilement qu"une fois hors de l"eau, les brosses de l"Hulltimo étant particulièrement efficaces. Lors de notre essai, le film gras était si épais que les roues patinaient néanmoins un peu, réclamant quelques réglages fins.Photo @ D.R. Hulltimo
Hulltimo, c’est la machine ultime pour nettoyer les coques à flot : l’engin monté sur quatre roues se maintient plaqué contre la carène grâce l'aspiration générée par ses deux brosses en rotation. Il se pilote depuis le quai ou le pont du bateau par l’intermédiaire d’une simple tablette graphique en liaison Wifi avec l'appareil.
L"engin se pilote comme un char. On pivote comme avec des chenilles. Les deux brosses et l"aspiration permettent le maintien du robot sur la coque.Photo @ D.R. HulltimoCertes, cet engin ne sera pas disponible pour les particuliers, son prix de l'ordre de 20 000 euros et son maniement complexe le destinant aux professionnels du carénage ; mais il ne manque pas d’intérêt pour les propriétaires, puisque qu’il leur offre un joli gain de temps et l’assurance de ne pas voir leurs bateaux bouger de leurs amarres, limitant à zéro tout risque de manutention.
Sur le plan pratique, ce robot transportable dans une grande valise ne demande qu'une prise 220 V pour se connecter. Le professionnel qui l'utilise peut donc facilement se déplacer sur les pontons, sans avoir à bouger le bateau à caréner. S’il exige une grande maîtrise de pilotage (une formation de quelques jours est obligatoire), l'Hulltimo n’en est pas moins vraiment efficace, comme nous avons pu le constater à Lorient, lors d’un essai réalisé sur une carène très grasse, de laquelle les salissures ne partaient pas avec un simple frottage à la main. Il n’y a guère que la carène passablement envahie de coquillages qui ait posé quelques problèmes à Hulltimo, certains mollusques ayant résisté aux brosses... Mais cet appareil milite justement pour un carénage à flot plus régulier, qui limiterait donc l’installation des berniques !
A l’essai, il s’est avéré que la principale difficulté pour le pilote néophyte est de repérer où se trouve le robot. Malgré les caméras avant et arrière et un retour de l'image sur le poste de commande, les vues du robot sur la carène restent difficiles à interpréter – le robot se retrouve souvent la tête en bas. Très automatisé, celui-ci parvient néanmoins à franchir des passages délicats comme la liaison coque-quille, un bras articulé actionnant une brosse supplémentaires, pensée pour gratter ce genre d'angle fermé. Ce bras sera aussi efficace pour frotter la ligne de flottaison au-dessus du niveau de l'eau.
>> Voir ci-dessous le travail d’Hulltimo en vidéo.
A l’extérieur d’Hulltimo, un sac – un modèle similaire à ceux que l"on retrouve dans les robots de piscine – récupère les débris et filtre l"eau.Photo @ D.R. HulltimoSur le plan écologique, l'Hulltimo est doté d'un filtre – une sorte de sac – qui récupère les salissures en filtrant l'eau très finement (30 microns). Cette récupération pourrait lui donner l'autorisation d'être utilisé dans les ports, justement là où les carénages à flots réalisés par les plongeurs sont désormais interdits. Il sera particulièrement apprécié des amateurs d'antifouling "propres" comme ceux que nous avons pu tester dernièrement (Oceoprotec ou HarSonic) ou encore pour les régatiers qui font appels aux plongeurs. Il sera de toute façon moins polluant et plus efficace sur un antifouling non érodable (matrice dure).
Si l'appareil ne va pas définitivement supprimer les carénages hors de l'eau, il va en tout cas les limiter, ou du moins les espacer dans le temps… Côté tarif, Hulltimo espère que les professionnels proposeront la prestation sur un voilier de 10 mètres à environ 200 euros. A voir si cela est rentable pour un plaisancier qui navigue une fois l'an... Mais prévoir un carénage en hiver au plus bas de la saison (là où les tarifs sont alléchants) et s'offrir un nettoyage avec Hulltimo juste avant de prendre la mer pour ses vacances peut s’avérer être une bonne option, tandis que du côté des coureurs, l’accueil devrait être plutôt enthousiaste.
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L’avis du pro
Après le passage du robot, la coque est propre. La difficulté consiste à guider le robot – à l"aide des caméras – dans tous les recoins. Le film du nettoyage peut être mémorisé et même envoyé ensuite au propriétaire. Il pourra ainsi vérifier l"état de sa coque derrière son écran !Photo @ D.R. HulltimoPour Stéphane Bieri (Société Aqua Breizt Services, spécialisée dans le nettoyage des carènes à flot) avec lequel nous avons réalisé notre essai, utiliser Hulltimo serait intéressant pour faire le gros œuvre d’un premier nettoyage grossier de la carène, mais il ne voit pas comment éviter de plonger pour s’acquitter des finitions et du nettoyage précis des points difficiles d'accès, comme l'hélice par exemple. «Si l'appareil m'évite une matinée pénible à frotter une coque et ne me demande d'être à l'eau que quelques minutes pour frotter les finitions, cela me semble quand même intéressant. Une expérience à suivre.»
On aime : les caméras qui enregistrent le travail du robot et dont les films peuvent être envoyés au propriétaire.
On se méfie : des finitions sur la carène qui semblent difficiles à réaliser et demandent une certain dextérité dans le pilotage.
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Vos commentaires
Pour les carénes entretenues tous les ans, un simple brossage de la carene par un plongeur est nettement moins onereux. D'aprés ma propre expérience.!.
Bonjour Kaly. D'après Hulltimo, une prestation de nettoyage devrait coûter 200 euros au plaisancier. Pour info et pour comparaison, à combien vous revient l'intervention d'un plongeur ? Par ailleurs, quid des "rejets" induits par le plongeur ? Cette solution pourrait-elle être mise en œuvre dans tous les ports, y compris ceux qui interdisent de nettoyer sa coque sur grill de carénage ou à l'eau ? Pour rappel, le système présenté ici est doté d'un filtre et d'un sac. Amicalement, Hervé Hillard, V&V
Ouai ! Permettez-moi de douter fortement de ce système. Nous brossons plusieurs fois par an la carène de notre voilier de 10m, toute la famille s'y met, chacun avec un tapis qui gratte à la main. Il nous faut une bonne paire d'heures à 4, et je vous assure que ça ne chôme pas. Quand on voit les deux petites brosses riquiqui sous la machine, ça nous fait bien rigoler. Enlever le gras sur la coque, il ne nous faut pas plus de 10 minutes, mais pour les micro-coquillages, Le résultat est toujours décevant, certainement pas à la hauteur du mal que l'on s'est donné. Pour la quille, c'est carrément la galère, et on lui enlève juste le gras coté où elle a été à l'ombre. Coté soleil, ce sont les micro-coquillages qui se marrent. Idem pour l'hélice. Et le dépôt de calcaire sur la ligne de flottaison ? C'est la partie qui est la plus vite atteinte, et là, croyez-moi, il faut y aller de bon coeur avec la spatule. Payer 200 €uros pour enlever juste le gras de la coque, je ne vois pas l'intérêt.
Attentifs aux commentaires, mais je demande à voir par moi même, et même à expérimenter sur notre bateau. Une carène bien entretenue, avec un antifouling à matrice dure, renouvelé annuellement, les brosses rotatives et l'aspiration auront tôt fait de faire un travail très supérieure à ce que nous pouvons faire à la main. le nombre demouvements d'ne telle brosse n'a rien à voir avec nos gratouillis à l'huile de coude. Donc à suivre et avec intérêt!, Laurent