Actualité à la Hune

La Volvo sur IMOCA

Michel Desjoyeaux : «La culture française enfin reconnue !»

Les organisateurs de la Volvo Ocean Race ont annoncé ce lundi 2 juillet que la prochaine course autour du monde en équipage se disputera à bord des IMOCA 60, les célèbres monocoques du Vendée Globe : une spécialité française !
  • Publié le : 02/07/2018 - 20:09

La Volvo race passe à l"Imoca 60".En juin dernier, Dongfeng remportait la Volvo Race 2017-2018 à La Haye à bord d'un VO 65.Photo @ Dongfeng Race Team DRT

À La Haye, terminus de la 13e édition de la Volvo Ocean Race remportée de haute lutte par le bateau franco-chinois Dongfeng skippé par Charles Caudrelier, il ne faisait plus de doute maintenant que le monotype VO65, aussi robuste qu’«agricole» et dessiné par Farr Yacht Design vivait ses dernières heures. On y croise plein de gens importants et influents, notamment les architectes Guillaume Verdier et Juan Kouyoumdjian. Et ces deux-là, notamment, ne sont clairement pas venus aux Pays-Bas pour faire du tourisme. Ils sont présents, en fait, pour assister à une réunion technique au sommet avec les Suédois Johan Salén et Richard Brisius, qui ont repris les rênes de l’épreuve.

Depuis plusieurs mois, en effet, on parle d’un nouveau bateau pour cette course. Guillaume Verdier a même fait un avant-projet avec un foiler, à la demande de Mark Turner, ancien patron de la course et démissionnaire en octobre dernier suite au refus de Volvo de le suivre !

Une semaine après l’issue de ce tour du monde totalement fou de 45 000 milles, où trois bateaux étaient à égalité de points avant l’ultime étape, la nouvelle vient enfin d’être officialisée, ce lundi, de l’arrivée des IMOCA 60, les monocoques du Vendée Globe.

Changement très exitant

Charles Caudrelier est évidemment emballé : «Ce changement est très excitant. Les IMOCA 60 sont des bateaux incroyables. Le fait que les deux meilleures courses au large au monde se rejoignent en une seule classe est une bonne chose.» Si la présence de ces bateaux à foils déplaçant 8 tonnes contre 14 pour les VO65 est dans l’air du temps, il ne semble pas évident de les adapter à un équipage nombreux (10 sur les VO65) quand on voit qu’à la base ils ont été conçus pour le solitaire et le double.

Mais pour Michel Desjoyeaux, qui a disputé deux Whitbread (l’ex-Volvo Ocean Race) sur Côte d’Or puis La Poste avec Eric Tabarly (ils étaient 18 à bord de voiliers pesant 40 tonnes !) puis remporté deux Vendée Globe, ce n’est pas un problème : «Loger cinq équipiers sur ces bateaux est parfaitement jouable. Nous avons disputé une course de l’Europe et ça l’a parfaitement fait. Ce qui est un peu à double tranchant avec cette décision, c’est que du coup il va falloir beaucoup plus de bateaux pour faire naviguer tout ce beau monde. Le fait d’imposer une certaine mixité sur la VOR cette année avec des filles et des jeunes de moins de 30 ans a été une super idée. Il faut donc que ça continue.»

Michel DesjoyeauxL"avis, forcément autorisé, de Michel Desjoyeaux sur le passage de la Volvo Ocean Race à l"Imoca.Photo @ Jean-Marie Liot

Évidemment, on ne peut s’empêcher de demander à «Mich Desj» son sentiment sur cette annonce. La réponse fuse : «Ce qui vient de se passer aujourd’hui montre que notre culture, efficace et polymorphe, est enfin reconnue par les Anglo-Saxons ! » Et d’ajouter, en se marrant, qu’«enfin, la voile française n’est plus méprisée. Ce rayonnement avec la Volvo Ocean Race et le Vendée Globe va permettre à mon avis d’amener plus de monde aussi sur le circuit Figaro dont nous sommes tous issus, et qui est une formidable école».

Une chose semble certaine : l’IMOCA, la Volvo Ocean Race et World Sailing ont bien compris la nécessité de mutualiser et de coordonner enfin le circuit international ! «Bien sûr, il y a quelques obstacles à surmonter, reconnaît le Brésilien Torben Grael, quintuple médaillé olympique, vainqueur de la Volvo Ocean Race et vice-président de World Sailing. Mais si nous arrivons à joindre les deux mondes ensemble, je pense que le résultat sera positif, car cela va ouvrir la course à davantage de marins, mais aussi créer un important calendrier d’événements se courant sur les IMOCA 60.»