Note :
Conçu à la demande d’un propriétaire français, le FC3 est destiné à la croisière très rapide et pourrait participer à quelques classiques (Sydney-Hobart, Fastnet…). Le budget n’a pas été communiqué.Photo @ D.R. Cabinet Finot-Conq
Le FC3 aura exigé deux ans de boulot de ses deux architectes, Pascal Conq et Pierre Forgia, qui dessinent sous la griffe Finot-Conq. Sa construction vient de démarrer chez les Italiens de Maxi Dolphin et il devrait toucher l’eau dans quinze mois… Mais au milieu des quelques (très) grands yachts réalisés dans le monde chaque année, ce monocoque de quasiment 100 pieds – 30,05 mètres – fait déjà figure d’épouvantail par ses caractéristiques vertigineuses.
Après les Pogo et Ourson Rapide, les deux compères de Finot et associés, Pascal Conq et Pierre Forgia, passent à la taille supérieure : 30 mètres, pour le FC3.Photo @ D.R. Au sein du célèbre cabinet d’architectes, Jean-Marie Finot – le fondateur éponyme – oriente aujourd’hui plutôt ses recherches sur des concept-boat accessibles au plus grand nombre, comme l’Albatros (voir notre numéro 492, ici), tandis que sous la griffe Finot-Conq, ce sont désormais Pascal Conq et Pierre Forgia qui sont aux mannettes et dessinent tout azimut, voiliers de production (Océanis, Pogo, Philéas…), bateaux de course (Class 40)… Et désormais grands yachts. Dans ce milieu très international, peu d’architectes français ont réussi à ce jour à imposer leur présence, mais Conq et Forgia y ont ainsi fait leur entrée après Joubert-Nivelt, Fauroux, Berret-Racoupeau et bien sûr Philippe Briand avec lequel ils étaient en concurrence pour le projet FC 3. «Pour gagner, on a bossé comme des bêtes !», résument les intéressés.
On se doute bien qu’un yacht de 30 mètres ne se dessine pas sur un coin de table. En revanche, on n’imagine pas forcément que ce type de réalisation fait régulièrement l’objet d’appel d’offres et de concours. C’est pourtant ce qu’a organisé l’armateur français du FC3, habitué qu’il est, de par son activité de promotion immobilière, à la mise en concurrence. «Le concours a démarré en novembre 2010, raconte donc Pierre Forgia. Dans la short list, deux architectes ont été retenus, dont nous. Le client aimait l’esprit des Pogo, il avait vu Ourson rapide (voir notre numéro 477, ici) et voulait créer un objet aux performances radicales.»
30 m de long pour 8,30 m de large (bouchain évolutif compris),FC3 a de la puissance à revendre. Avec seulement 54 tonnes de déplacement, con creux de coque n'est que de 60 cm, l'équivalent d'un croiseur de 45 pieds. Une vraie planche à voile, ce FC3 !Photo @ D.R. Cabinet Finot-Conq
Ce sera donc le FC3. FC, comme Fast Cruiser, comme Full Carbon et comme Finot-Conq… Bref, des initiales à la puissance cube. Et au final, les mensurations du FC3 ont de quoi laisser rêveur… Ou effrayer quelque peu. 30,05 m de long pour … 8,30 m de large, c’est à dire 1,10 m de plus que le nouveau Wally Cento de même taille (Voir notre photo à la Hune ici). D’habitude, et hors contraintes de jauge, plus un bateau s’allonge, plus sa largeur diminue en valeur relative ; ici, le ratio L/l de 3,63 est proche de celui d’un "petit" yacht comme le Bordeaux 60, pourtant 40 % plus court.
Le rouf entièrement vitré est traversé par des porques en composite pour raidir l’ensemble et éviter l’écrasement à cet endroit fortement contraint par le gréement poussant.Photo @ D.R. Cabinet Finot-ConqPourquoi si large ? «Le client possède aujourd’hui un motor-yacht, explique Pascal Conq. Il voulait un bateau très rapide, mais qui gîte peu – il a d’ailleurs hésité avec un catamaran. La largeur, c’est aussi notre marque de fabrique. Et puis, dans le cahier des charges, il y avait douze personnes à loger à bord.»
Très long et très large donc, le FC3 sera aussi très léger, on s’en doutait. 54 tonnes sur le peson, c’est peu dans cette catégorie de taille où la centaine est vite atteinte. «FC3 est construit intégralement en sandwich carbone, précise Pascal Conq. C’est impossible de faire aussi léger en aluminium et, pour atteindre ce déplacement qui est contractuel, on a choisi de beaucoup faire participer les emménagements à la structure.» Il est à souligner que toute cette partie très technique a été assumée par Finot-Conq, sans recours à un cabinet spécialisé comme c’est souvent le cas. Mais qu’on ne s’y trompe pas : si, vu en coupe, FC3 ressemble à un Pogo 50 passé à l’agrandisseur, l’effet d’échelle sonne comme une vraie remise en question et un défi technique de taille. «Le devis de poids et la structure sur un bateau de 30 m, c’est un énorme boulot. On a bossé comme des bêtes !», conclut à nouveau Forgia.
Des chiffres à faire tourner les têtes
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Tableau caractéristiques comparées |
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| FC3 | Wally Cento | |
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Longueur Largeur Poids Lest Tirant d'eau SV au près Ballast Architectes |
30,05 m 8,25 m 54 t 15 t 5,40 m/3 m 689 m2 2 x 9400 l Finot et associés |
30,48 m 7,19 m 50 t n.c. 6,20 m/4,50 m 640 m2 Non Multiples |
| Un poil moins long, franchement plus large, plus toilé et à peine plus lourd que les Wally Cento : la griffe Finot-Conq se lit bien dans les prometteuses caractéristiques de ce maxi-yacht conçu comme une luge de course open. | ||
Les vues 3D de FC3 montrent un bateau au franc bord particulièrement faible, mais largement suffisant pour abriter deux niveaux d’emménagements. Espaces techniques et cabines en bas, zone de vie en haut – l’effet d’échelle réclame de regarder à deux fois les plans pour savoir où l’on se trouve ! Le rouf entièrement vitré est très concentré en longueur et diffuse une lumière maximale sur une déco signée Pierre Frutschi. Les parties privatives sont plutôt sur l’avant, avec une suite propriétaire gigantesque ; mais l’équipage n’est pas oublié, avec une cuisine de très belle taille et un mess dédié aux professionnels du bord – au minimum trois personnes.
Côté extérieur, ce qui est frappant à première vue, c’est l’occupation du cockpit en largeur, avec des barres très proches du bordé pour une vision maximale. Autant dire qu’à la gîte, le barreur se retrouvera très haut perché ! Mais de gîte, il est visiblement peu question sur ce bateau extrêmement toilé, mais lesté de 17 tonnes de plomb contenues dans la quille à bulbe qui plonge à 5,20 m de profondeur, pour éventuellement remonter à 3 m. Une partie de la stabilité pour contenir les 700 m2 de toile est apportée par les 9,4 tonnes de ballast par côté. Vous avez bien lu ! Mais pourquoi ne pas avoir choisi une quille basculante, plutôt que d’alourdir le bateau ? «Dans le brief’, il fallait que la quille remonte à 3,20 m. Basculante, c’est une chose. Basculante et relevable dans cette taille, s’excuse Pascal Conq... Et puis, le ballast, c’est du moment de redressement simple, pas cher et efficace !»
Jetons pour finir un œil aux polaires de vitesse réalisées en tablant sur 12° de gîte maximum. Pour notre première sortie, on choisira de préférence une journée tranquille, vous êtes d’accord ? Avec 6 nœuds de vent réel, le VPP promet 10 nœuds au speedo à 60° du vent ! Et si le thermique rentre, FC3 est sensé ramener son monde au port à une quinzaine de nœuds, rapidement atteints. La vitesse facile en quelque sorte !
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